Pierre de Bréville (1861-1949)
Dans le Recueil « Poèmes de Jean Lorrain » édités chez Rouart et Lerolle en 1914
(1.La Mort du Lys 2. La Belle au bois 3. La Petite Lise)
Pour voix moyennes et piano

    Une grâce étrange et navrante
    Est dans le blanc trépas des lys,
    S’effeuillant sur l’eau transparente
    Des porte-bouquets trop remplis.

    Dans leur étroit cercueil de verre,
    Leurs beaux cadavres éclatants
    Ont le charme auguste et sévère
    Des vierges mortes à vingt ans.

    La souffrance les divinise…
    Leur élégance et leurs pâleurs
    Dans le grand cornet de Venise
    Semblent un martyre de fleurs.

    Cette tige, qui pleure et saigne
    En parfumant de son regret
    Et le vase et l’eau, qui la baigne,
    Absout ses bourreaux en secret.

    Le mystère de ce calice,
    Inconnu même aux papillons,
    Dans l’enivrement du supplice
    S’entrouvre aux yeux, pleins de rayons.

    La mort aux lys fait une gloire,
    Couronnés de parfums subtils,
    Leur forme est celle d’un ciboire,
    Leur nimbe est dans l’or des pistils ;

    Et, s’effeuillant au bord du vase
    Dans un chaste et calme abandon,
    Leur agonie est une extase
    Et leur parfum est un pardon.
Renseignements sur l’œuvre
Mouvement noté sur la partition : Presque lent, très simplement
Tonalité originale : Do Majeur (Do3-Mi4)
Métrique : 4/4
Notes de Marie-Claude : phrases mélodiques assez courtes et (il me semble) bien écrites pour la voix. Partie pianistique en accords arpégés sauf au lent et solennel

Partition à la BNF Paris Richelieu – Section Musique (Cote : 4°Vm7 182(2))
La Partition


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