Emmanuel Rhené-Baton (1879-1940)
Sept mélodies op.52
Sur des poèmes de Jeanne Perdriel Vaissière
Éditions Durand
Partitions

1.Quand tu viendras…
2.Mendiants
3.La dernière berceuse
4.Octobre
5.Fleurs d’ajonc
6.Les Lys
7.La chanson de celles qui restent

Note : Je n’ai pas trouvé d’enregistrement audio

1.Quand tu viendras…
Andante tranquillo à 3/4
Ré bémol Majeur (Mi3-Sol4)

Quand tu viendras; mon bien aimé
Pour fleurir l’ivresse des choses,
Au fond du verger parfumé
Les pommiers auront des fleurs roses.

Quand tu viendras, par le sentier
Dont il faut écarter les branches,
S’entrelaçant à l’églantier,
L’aubépine aura des fleurs blanches.

Quand tu viendras, dans le jardin
Dont les arbres sont encor chauves,
Sous les baisers clairs du matin
Les lilas auront des fleurs mauves.

Et pour embaumer ton retour,
Suaves entre les plus belles,
Sur le rosier de mon amour
Fleuriront des roses nouvelles !


4.Octobre
Andantino à 6/8
Ré bémol Majeur (Mib3-Sol#4)

OCTOBRE : le dernier soleil dore les choses;
La mer d’un bleu fragile et tendre de cristal,
Mire pour s’imprégner de leurs apothéoses
Les rayons violets du ciel occidental.

Formant au loin des tours, des burgs, des citadelles,
Les étranges granits de la terre d’Armor,
Figés dans leur sommeil en poses éternelles,
Semblent le tumulus de quelque géant mort.

Et les voiles, sur l’eau de plus en plus pâles,
Les voiles, sous le souffle automnal se penchant,
Mêlent leur frisson svelte à ma mélancolie
Et leur rougeur ocrée aux rayons du couchant.
OCTOBRE


5.Fleurs d’ajonc
Allegretto tranquillo à 2/4
Sol mineur (Mib3-Fa#4)

Fleurs d’ajonc, fleurs d’or; fleurs bretonnes,
Qu’un âpre souffle d’infini
Par les étés par les automnes
Flagelle au milieu du granit;

Fleurs d’ajonc, fleurs d’or, fleurs fidèles
Qui dorez les landiers déserts,
Et n’écoutez que les bruits d’ailes,
Et ne voyez que les cieux pers*;

Fleurs d’ajonc sauvages et fières
Que peu de doigts osent cueillir,
Mon cœur habite entre vos pierres
Et bien peu l’ont fait tressaillir.

Mais pour ceux là, fidèle, il veille:
De près, de loin, toujours hélas !
Sa fleur à la vôtre pareille,
Sa fleur d’or ne se fane pas.


*pers : d’une couleur où domine le bleu

6.Les Lys
Andante tranquillo à 4/4
Sol dièse mineur (Mi3-Sol#4)

Gerbes candides et hautaines,
O fleurs des vierges et des rois
Qui croissez pour fleurir les plaines
Des paradis auxquels je crois;

O lys, lys divins, lys d’extase !
Douceur des mystiques chemins,
Dont les Anges, drapés de gaze,
En rêvant fleurissent leurs mains;

O grands lys qui dans les églises
Offrant à Dieu votre splendeur
Dressez, sous les absides grises,
L’orgueil blanc de votre candeur;

Laissez aux roses le sourire
D’une éphémère royauté:
C’est en vous que mon rêve admire
La chasteté dans la Beauté.



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