Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Poème de Camille Saint-Saëns
Éditions Durand

Pour voix moyenne et piano (ou orchestre)
Modéré sans lenteur à 4/4
Fa mineur (Si2-Fa4)
Partitions
(version piano et version manuscrite pour orchestre)
Partition en ligne

José van Dam (baryton-basse)
Jean-Philippe Collard (piano)
Tassis Christoyannis (baryton)
Orchestra della Svizzera Italiana
Markus Poschner (direction)
Parfois, pendant les longues heures,
De la nuit, quand grondent les mers,
On entend des cloches qui pleurent
Dans les rocs aux goëmons verts.
Elles sonnent au loin, dans l’ombre,
Le glas des marins trépassés,
Martyrs dont croit toujours le nombre:
La mer n’en a jamais assez.

Cloches sinistres des abîmes
Par vos éternelles clameurs
Croyez-vous expier leurs crimes
Et des veuves tarir les pleurs?
Vos prières sont des blasphèmes!
La Nature, mère des deuils
Qui brise les naufragés blêmes
Contre la frange des écueils,
En vain par votre voix adjure
Les veuves et les orphelins
De ceux qu’elle jette en pâture
À la tempête, aux flots félins:
Car tous, pendant de longues heures,
De la nuit, quand grondent les mers,
Maudiront les cloches qui pleurent
Dans les rocs aux goëmons verts,
Sonnant au loin, là-bas dans l’ombre,
Sous le souffle des vents glacés,
Pour les deuils dont s’accroit le nombre,
Le glas des marins trépassés.



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