Georges Bizet (1838-1875)
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La Rose et l’Abeille
Le Doute
Le Retour
N’oublions pas
Les Nymphes des bois
Petite marguerite
Voyage
La Rose et l’Abeille
Poème d’ Olivier Rolland
Editions Heugel
Pour Soprano et Piano
Andantino grazioso à 3/4
Sol majeur (Ré3-Sol4)
Partition
à la BNF Paris Richelieu – Section Musique (Cote : Vm7-32721)
Une charmante rose
qu’animait doux zéphir
disait : à peine éclose
demain il faut mourir.
Ah ! si l’on venait sur terre
y vivre un seul jour,
on ne meurt pas, j’espère,
sans connaître l’amour.
Mais la rose vermeille
n’attendit pas en vain.
Une légère abeille
se posa sur son sein.
Que mon cœur, lui dit-elle,
te serve de séjour,
oh ! la vie est si belle
quand on connait l’amour.
Dans son brillant calice
mystérieux réduit
l’abeille avec délice
passa toute la nuit.
Et la rose fanée
disait avec le jour,
pour mourir fortunée
il faut mourir d’amour !
Le Doute
Seize Mélodies n°7
Poème de Paul Ferrier
Éditions Choudens
Pour voix haute et piano
Andante à 4/4
Sol Majeur (Mi3-Sol4)
Partition
Ah ! si vraiment l’indifférence
Garde ton cœur contre l’amour,
S’il faut hélas que nuit et jour
Je souffre sans espérance,
Par pitié pour celle qui supplie,
Laisse-moi ma folie,
Dernier soutien d’un cœur tout attristé,
Que nulle angoisse ne délie.
Ah ! par pitié laisse que j’ignore
Et pour jamais la vérité
Cruelle est la réalité,
Mieux vaut le doute encore !
Oui, j’aime mieux encor le doute
Qui me laisse un rayon d’espoir
Plutôt cent fois ne rien savoir
Qu’apprendre ce qu’on redoute !
Si le sort qui voulut que je t’aime
Me défend cette ivresse suprême
D’un chaste amour en tes yeux refleté,
Je m’inclinerai sans blasphème !
Ah ! mais du moins laisse que j’ignore
Et pour jamais la vérité !
Cruelle est la réalité,
Mieux vaut le doute encore !
Le Retour
Duo pour soprano et ténor et piano
Poème de Jules Barbier
Éditions Choudens
Notes à propos de cette mélodie
Le Soldat : Ténor
La Jeune Fille : Soprano
Partition
à la BNF Paris Richelieu – Section Musique (Cote : VM7-32716)
Le Soldat
Ouvre vite, enfant qui reposes !
La Jeune Fille
Ah ! qui frappe à mes vitres closes ?
Le Soldat
Un soldat qui vient des combats.
La Jeune Fille
Comment vous nommez-vous ?
Le Soldat
Tu ne me connais pas.
La Jeune Fille
Parlez, hélas ! j’ai peur !
Le Soldat
Ecoute, ô jeune fille !
Et n’attends plus ton fiancé.
Reprends avec ta foi cet anneau d’or qui brille,
A la guerre il est trépassé !
La Jeune Fille
O Dieu quelle douleur affreuse !
Que n’ai-je pu succomber avec lui !
A jamais la triste amoureuse
Portera le deuil d’aujourd’hui !
Le Soldat
Viens, entends et sèche tes larmes,
Sur cette terre il est plus d’un bonheur ;
Après l’hiver et les sombres alarmes
Viennent l’avril et l’espérance en fleurs.
La Jeune Fille
Je n’ai que la mort dans le cœur !
Le Soldat
Aux grands bois tout chante et soupire,
Se cherche, s’unit, ou s’attire,
Le ruisseau mèle son doux rire
Au soupir lointain de la mer.
Vois déjà sur les tombes closes
Fleurir la jeunesse des roses.
Bannis donc les regrets moroses,
Aime encor, il est doux d’aimer !
La Jeune Fille
Il tenait mon âme et ma vie,
A son bras je marchais ravie,
Et ma tendresse inassouvie
Le suit au-delà du trépas !
Les portes du bonheur sont closes !
Je veux pleurer malgré les roses !
Les édens sont noirs et moroses
Si l’amour ne s’y trouve pas !
Le Soldat
L’amour ? oui, c’est l’amour par qui tu revivras !
C’est moi, ton fiancé qui te tend ses deux bras !
La Jeune Fille
O ciel clément ! sous trop de bonheur je succombe !
C’est lui, c’est mon amant que je retrouve encor !
Adieu le deuil ! Adieu le désir de la tombe !
Oui, c’est le doux printemps, oui, c’est le soleil d’or !
Duo
Oui, l’amour avec ses ivresses,
Tendre orgueil, infini désir,
Longs soupirs et pures caresses
Vient m’étreindre et nous réunir.
Les Nymphes des bois
Poème de Jules Barbier
Éditions Choudens
Duettino pour soprano et mezzo-soprano et piano
Ré bémol Majeur à 3/4
Soprano (Do3-Lab4)
Mezzo-soprano (Do3-Solb4)
Partition
Duo
Ma soeur, le flot murmure et l’ombre nous appelle;
Du printemps qui nous rit fêtons l’heureux retour !
Voici que dans les prés éclôt la fleur nouvelle;
Voici que dans les bois passent les chants d’amour !
Soprano
Un pêcheur a sur cette rive,
L’autre jour, jeté ses filets;
Est-ce lui dont l’oeil te captive ?
Est-ce toi, ma soeur, qui lui plais ?
Mezzo
N’ai-je pas entrevu moi-même
Dans ce bois un hardi chasseur
Soprano
Chacun d’eux nous suit et nous aime;
Il est doux d’aimer, ô ma soeur !
Duo
La nuit répand sur son amoureux silence;
Tout se taît, tout s’endort sous les zéphirs plus doux,
En caressant nons fronts le rameau se balance;
Rêvons aux coeurs blessés qui soupirent pour nous !
N’oublions pas
Poème de Jules Barbier
Seize Mélodies n°13
Éditions Choudens
Pour voix haute et piano
Andantino à 6/8
La Majeur (Soll#3-La4)
Il existe une version pour voix moyenne
Partition (voix haute)
● Partition en ligne (voix moyenne)
Elle était jeune et jolie,
Et moi j’aimais follement
(Peut-être son coeur l’oublie)
Son regard pur et charmant.
Mes yeux seuls osaient lui dire
Ce que je pensais tout bas!
J’ai pleuré de son sourire.
O mon coeur, n’oublions pas!
Un jour, étrange folie
Qui soudain vint m’embraser
(Son coeur peut-être l’oublie)
Je lui ravis un baiser!
Dans son trouble encor plus belle.
Je la vis fuir de mes bras
« Un baiser volé, » dit-elle,
« Mon coeur ne l’oubliera pas! »
Ma voix alors la supplie,
« Du baiser faites moi don! »
Et j’obtins (son coeur l’oublie)
Le baiser et le pardon!
Pure ivresse, ardente flamme,
Au seuil même du trépas,
Rassasie encor mon âme!
Triste et seul, n’oublions pas!
Petite marguerite
Poème d’Olivier Rolland
Pour voix haute et piano
Andantino grazioso à 4/4
Sol Majeur (Ré3-Sol4)
Partition
Petite Marguerite
Un jour ainsi parlait
À la belle Brigitte
Qui tout bas l’effeuillait:
« Mais tu commets un crime
Quand ta tremblante main
Immole une victime
Pour savoir ton destin;
C’est à la providence
Qu’il te faut chaque jour
Demander en silence
Un pur est saint amour.
Cette blanche parure
Me venait du Seigneur;
Ce matin brise pure
Raffraîchissait mon coeur;
Par ton léger caprice,
Enfant, je vais mourir;
Tu crois que mon supplice
Révèle l’avenir. »
Mais Brigitte était bonne;
S’agenouillant soudain,
Elle dit: « Fleur mignonne,
Sois toujours sur mon sein. »
« Merci », dit la pauvrette,
« L’Eternel bénira
Ton hymen qui s’apprête
Et ma voix te dira. »
Voyage
Poème de Philippe Gille
Seize Mélodies n°4
Éditions Choudens
Pour voix haute et piano
Allegretto un poco vivo à 4/4
Si bémol Majeur (Fa3-Sol4)
Il existe une version pour voix moyenne
Partition (voix haute)
● Partition en ligne (voix moyenne)
Tous deux vers la rive lointaine
Traversant les monts et la plaine,
Délaissant le monde et sa chaîne
Allons ou fleurit le printemps!
Là riant des soucis moroses
Dégaigneux des gens et des choses,
Nous irons au pays des roses,
Au pays, où l’on a vingt ans!
Dans ce pays qui sera nôtre
Sur mon bras s’appuira le vôtre;
Nous ne vivrons que l’un pour l’autre,
Oublieux des ans et des jours!
Oui, vers cette douce patrie
Marchons car sa route est fleurie,
C’est une éternelle prairie
Ou vont renaissant les amours!
Ce lieu charmant plein de mystère
N’est-il donc qu’au bout de la terre,
L’amour fidèle et solitaire
Nous faut il si loin le chercher !
Non! pas de course vagabonde,
Pourquoi la retraite profonde,
Partout l’amour maître du monde,
Est seul quand il lui plaît d’aimer!
Image libre de droit de Steve Buissinne – Pixabay.com
Duo, Georges Bizet, Jules Barbier, Olivier Rollan, Paul Ferrier, Philippe Gille, Soprano, Ténor, Voix haute, Voix moyenne
Mélodies de Georges Bizet