George Enescu (1881-1955)
Partition
Partition en ligne (Éditions Enoch)

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1. Le Désert
2. Le Galop
3. Soupir


Le Désert
Poème de Jules Lemaître
Pour voix haute et piano
Très modéré à 2/4
Si bémol Majeur (Ré3-Solb4)

Cressida Sharp (soprano)
Chris Pulleyn (Piano)

Je rêve le front lourd et les yeux las, devant
Les ondulations de ces dunes stériles,
Mer fauve, mer ardente aux vagues immobiles,
Sur qui tombe le poids d’un soleil étouffant;

Et je me sens si loin de tout être vivant,
Et du bruit fraternel des hommes et des villes,
Si loin des ruisseaux clairs, des champs, des fleurs fragiles,
Et des feuillages frais où murmure le vent

Que je me crois perdu dans une autre planète
Où, sans que rien se meuve et sans que rien végète,
Seul flambe tristement le monde minéral;
Et que cet infini de lumière et de sable,
Cette absence de vie à la mienne semblable,
Cette immensité jaune et morte me fait mal.

Le Galop (PDF page 5)
Poème de Sully Prudhomme
Pour ténor (ou soprano) et piano
Vif à 3/4
La Majeur (Fa#3-La4) Tonalité originale

Marie-Pierre Roy (soprano)
Justine Eckhaut (Piano)

Agite, bon cheval, ta crinière fuyante ;
Que l’air autour de nous se remplisse de voix !
Que j’entende craquer sous ta corne bruyante
Le gravier des ruisseaux et les débris des bois ‘.

Aux vapeurs de tes flancs mêle ta chaude haleine,
Aux éclairs de tes pieds ton écume et ton sang !
Cours, comme on voit un aigle en effleurant la plaine
Fouetter l’herbe d’un vol sonore et frémissant !

« Allons, les jeunes gens, à la nage ! à la nage ! »
Crie à ses cavaliers le vieux chef de tribu ;
Et les fils du désert respirent le pillage,
Et les chevaux sont fous du grand air qu’ils ont bu !

Nage ainsi dans l’espace, ô mon cheval rapide,
Abreuve-moi d’air pur, baigne-moi dans le vent ;
L’étrier bat ton ventre, et j’ai lâché la bride,
Mon corps te touche à peine, il vole en te suivant.

Brise tout, le buisson, la barrière ou la branche ;
Torrents, fossés, talus, franchis tout d’un seul bond ;
Cours, je rêve, et sur toi, les yeux clos, je me penche …
Emporte, emporte-moi dans l’inconnu profond !

Soupir (PDF page 10)
Poème de Sully Prudhomme
Pour baryton (ou mezzo-soprano) et piano
Lent à 4/4
Do Majeur (Si2-Fa4) Tonalité originale
Il existe une version pour voix haute

Marie-Pierre Roy (soprano)
Justine Eckhaut (Piano)
Version en SolM

Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais, fidèle, toujours l’attendre,
Toujours l’aimer.

Ouvrir les bras et, las d’attendre,
Sur le néant les refermer,
Mais encor, toujours les lui tendre,
Toujours l’aimer.

Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre,
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
Toujours l’aimer.

Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais d’un amour toujours plus tendre
Toujours l’aimer.


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