Louis Lacombe (1818-1884)
Oeuvre posthume
Trente Lieder (2ème Recueil)
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1. Chanson d’Ariel
2. Mon Rêve (Victor Hugo)
4. Le Pont (Victor Hugo)
7. Le Gourmet
8. La Ferme et la Fermière
15. Tableau
1.Chanson d’Ariel
D’après La Tempête de Shakespeare
(Acte 1 – Scène 2) « Ariel chante »
La Tempête (Version française)
Pour voix haute et piano
Fa mineur et fin en Fa Majeur (Mib3-La4) à 9/8
Partition
Ton père a le sort le plus beau
La vaste mer est son tombeau
Ses yeux ce sont des perles fines;
Ses os sont changés en corail.
Tout son corps merveilleux travail
A pris mille formes marines.
Ecoute le chant des ondines !
Entends leurs cloches de cristal
Mêlée à leurs voix argentines;
Sonner pour lui le glas fatal…
2.Mon Rêve
Poème de Victor Hugo « Les Contemplations »
Pour voix moyenne et piano
Modéré à 6/8
Mi Majeur (Si2-Fa#4)
Partition
Il lui disait : « Vois-tu, si tous deux nous pouvions,
L’âme pleine de foi, le cœur plein de rayons,
Ivres de douce extase et de mélancolie,
Rompre les mille nœuds dont la ville nous lie ;
Si nous pouvions quitter ce Paris triste et fou,
Nous fuirions ; nous irions quelque part, n’importe où,
Chercher loin des vains bruits, loin des haines jalouses,
Un coin où nous aurions des arbres, des pelouses ;
Une maison petite avec des fleurs, un peu
De solitude, un peu de silence, un ciel bleu,
La chanson d’un oiseau qui sur le toit se pose,
De l’ombre ; et quel besoin avons-nous d’autre chose ? »
4.Le Pont
Poème de Victor Hugo
À propos de ce poème
Pour voix haute et piano
Très lentement à 4/4
Mi Majeur (La2-Sol4)
Partition
J’avais devant les yeux les ténèbres. L’abîme
Qui n’a pas de rivage, et qui n’a pas de cime,
Était là, morne, immense, et rien n’y remuait.
Je me sentais perdu dans l’infini muet.
Au fond à travers l’ombre, impénétrable voile
On apercevait bien comme une sombre étoile.
Je m’écriai : Mon âme, ô mon âme ! il faudrait
Pour traverser ce gouffre où nul bord n’apparaît,
Et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches,
Bâtir un pont géant sur des millions d’arches…
Qui le pourra jamais ? Personne ! O deuil ! effroi !
Pleure ! un fantôme blanc se dressa devant moi
Pendant que je jetais sur l’ombre un œil d’alarme,
Et ce fantôme avait la forme d’une larme;
C’était un front de vierge avec des mains d’enfant.
Il ressemblait au lys que la blancheur défend,
Ses mains en se joignant faisaient de la lumière
Il me montra l’abîme où va toute poussière,
Si profond, que jamais un écho n’y répond;
Il me dit : Si tu veux je bâtirai le pont.
Vers ce pâle inconnu je levai ma paupière.
« Quel est ton nom ? » lui dis-je. Il me dit : « La prière. »
7.Le Gourmet
Poème de A.Quéroy
Pour voix haute et piano
Pas trop vite, Gaîment à 3/4
Do Majeur (Ré3-La4)
Partition
Chaque pays, faveur native,
A son commerce et ses produits,
La Provence fournit l’olive.
La Touraine, les plus beaux fruits.
Du Portugal nous vient l’orange,
De la Bavière, le houblon,
Tout se procure et tout s’échange
Contre un florin, contre un doublon
Tous ces produits ont sans conteste
Du bon;
Je ne dis pas non !
Mais un seul pour moi vaut le reste :
C’est le vin,
Oui c’est le vin,
C’est le bon vin
Vive du raisin
Le nectar divin.
Ruffec, Nérac ont leurs terrines,
Amiens et Chartres, leurs pâtés,
Nantes prépare ses sardines:
Nous sommes des enfants gâtés.
Bayonne et York en abondance
Offrent de succulent jambon
Arles et Lyon en concurrence
Nous font goûter leur saucisson
Pas un pays qui ne prétende sur son rival avoir le pas.
Marennes,
Qui jalouse Ostende,
Lui dit : Vos huitres n’en sont pas.
On a turbot, saumon sans peine
Truite, merlan, sole et homard;
Les éperlans viennent en Seine
Comme à Duclair vient le canard.
Le meilleur miel est de Narbonne,
La truffe naît en Périgord;
Tous ces trésors, Dieu nous les donnes,
Qui vient du Sud, qui vient du Nord;
Bar recommande sa groseille,
Agen nous vante ses pruniers,
Un Normand dit toujours merveille
Du jus doré de ses pommiers.
Tous ces produits ont sans conteste
Du bon;
Je ne dis pas non !
Mais un seul pour moi vaut le reste :
C’est le vin,
Oui c’est le vin,
C’est le bon vin
Vive du raisin
Le nectar divin.
8.La Ferme et la Fermière
Poème de Hégésippe Moreau
Pour voix haute, violon et piano
Modéré à 6/8
La Majeur (Si2-Si4) avec Vocalises
Partition (début)
suite de la mélodie
Partie Violon
Amour à la fermière,
elle est gentille et si douce !
C’est l’oiseau des bois qui se plait
Loin du bruit dans la mousse;
Vieux vagabond qui tend la main,
Enfant pauvre et sans mère,
Puissiez-vous trouver en chemin
La ferme et la fermière.
De l’escabeau vide au foyer
Là le pauvre s’empare,
Et le grand bahut de noyer
Pour lui n’est point avare;
C’est là, qu’un jour je vins m’asseoir.
Les pieds blancs de poussière;
Un jour… puis, en marche ! et bonsoir
La ferme et la fermière !
Mon seul beau jour a dû finir,
Finir dès son aurore;
Mais pour moi ce doux souvenir
Est au bonheur encore;
En fermant les yeux, je revois
L’enclos plein de lumière,
La haie en fleur, le petit bois,
La ferme et la fermière !
Chaque hiver qu’un groupe d’enfants
A son fuseau sourire,
Comme les anges aux fils blancs
De la Vierge Marie;
Que tous par la main, pas à pas
Guidant un petit frère,
Réjouissent de leurs ébats
La ferme et la fermière !
Ma chansonnette, prends ton vol !
Tu n’es qu’un faible hommage;
Mais qu’en avril le rossignol
Chante, et la dédommage;
Qu’effrayé par ses chants d’amour
L’oiseau du cimetière
Longtemps se taise pour
La ferme et la fermière !
15.Tableau
Poème d’Eugène Manuel
Pour voix moyenne et piano
Modéré à 6/4
Fa mineur (Si2-Fa#4)
Partition
Dans un grand fauteuil l’aïeule est assise,
Et l’humble foyer flambe en pétillant;
Près d’elle accroupie une chatte grise
Fixe sur la flamme un œil scintillant.
La dame médite un verset biblique;
Sur ses deux genoux le lire est ouvert.
La chatte, plissant sa paupière oblique.
Près de s’endormir cligne son œil vert.
Et l’aïeule aussi, d’idée en idée,
Vers la sainte page, après maint effort,
Penche lentement sa tête ridée,
La lève en sursaut, puis cède, et s’endort.
La dame sourit, la chatte frissonne;
Chacune a son rêve et remue un peu;
La chatte au grenier, guerroie et moissonne
La dame est au ciel, et cause avec Dieu!
Et la vieille horloge au mur se balance
Mesurant chaque heure au sommeil humain
Et seule au milieu d’un profond silence
Avec un bruit sec poursuit son chemin.
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Louis Lacombe, Victor Hugo, Violon, Voix haute, Voix moyenne
Mélodies de Louis Lacombe