Francis Poulenc (1899-1963)

Sept Chansons FP81
Editions Durand
pour Chœur mixte a cappella
Le Recueil
Partition en ligne

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1. La blanche neige
2. A peine défigurée
3. Par une nuit nouvelle
4. Tous les droits
5. Belle et ressemblante
6. Marie
7. Luire

Vidéos : Netherlands Chamber Choir – Eric Ericson (Direction)

1. La blanche neige
Poème de Guillaume Apollinaire
Assez animé à 4/4
Partition


Les anges les anges dans le ciel
L’un est vêtu en officier
L’un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent

Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d’un beau soleil
D’un beau soleil

Le cuisinier plume les oies
Ah! tombe neige
Tombe et que n’ai je
Ma bien-aimée entre mes bras


Autre Compositeur sur le même poème
Robert Caby (1905-1992)
Pour voix moyenne et piano
Partition à la BNF Paris Richelieu
Section Musique (Cote : VMG-24703)

2. A peine défigurée
Poème de Paul Éluard
Très calme à 3/4
Partition

Adieu tristesse.
Bonjour tristesse.
Tu es inscrite dans les lignes du plafond.
Tu es inscrite dans les yeux que j’aime.
Tu n’es pas tout à fait la misère,
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire.
Bonjour, tristesse.
Amour des corps aimables.
Puissance de l’amour
Dont l’amabilité surgit
Comme un monstre sans corps.
Tête désappointée.
Tristesse, beau visage.


Autre Compositeur sur le même poème
Jacques Grimbert (1929-2019)
Chœur à 4 voix mixtes, 6 parties
Editions Leduc
Partition à la BNF Paris Richelieu
– Section Musique (Cote : VMH-6646 (398))
Partition en ligne

3. Par une nuit nouvelle
Poème de Paul Éluard
Presto, véhément à 3/4
Partition

Femme avec laquelle j’ai vécu,
Femme avec laquelle je vis,
Femme avec laquelle je vivrai,
Toujours la même,
Il te faut un manteau rouge,
Des gants rouges un masque rouge,
Il te faut des bas noirs.
Des raisons, des preuves,
De te voir toute nue.
Nudité pure, ô parure parée.
Seins, ô mon cœur.



4. Tous les droits
Poème de Paul Éluard
Large à 4/4
Partition

Simule
L’ombre fleurie des fleurs suspendues au printemps,
Le jour le plus court de l’année et la nuit esquimau
L’agonie des visionnaires de l’automne,
L’odeur des roses, la savante brûlure de l’ortie.
Étends des linges transparents,
Dans la clairière de tes yeux.
Montre les ravages du feu, ses œuvres d’inspiré,
Et le paradis de sa cendre,
Le phénomène abstrait, luttant avec les aiguilles de la pendule.
Les blessures de la vérité, les serments qui ne plient pas,
Montre-toi.
Tu peux sortir en robe de cristal,
Ta beauté continue.
Tes yeux versent des larmes, des caresses, des sourires.
Tes yeux sont sans secret, sans limites.



5. Belle et ressemblante
Poème de Paul Éluard
Bien calme à 4/4
Partition

Un visage à la fin du jour,
Un berceau dans les feuilles mortes du jour.
Un bouquet de pluie nue,
Tout soleil caché,
Toute source des sources au fond de l’eau.
Tout miroir des miroirs brisés.
Un visage dans les balances du silence.
Un caillou parmi d’autres cailloux
Pour les frondes des dernières lueurs du jour.
Un visage semblable à tous les visages oubliés.



6. Marie
Poème de Guillaume Apollinaire
Allegro commodo à 2/4
Partition

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Des masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine


Autre Compositeur sur le même poème
Jean Apothéloz (1900-1965)
Six Mélodies pour voix moyenne et piano n°4
Partition (en bibliothèque)
Gildas Lemaitre (baryton) – Magali Guarino (Piano)

7. Luire
Poème de Paul Éluard
Eclatant à 4/4
Partition

Terre irréprochablement cultivée,
Miel d’aube, soleil en fleurs,
Coureur tenant encore par un fil au dormeur
(Nœud par intelligences)
Et le jetant sur son épaule:
«Il n’a jamais été plus neuf,
Il n’a jamais été si lourd.»
Usure, il sera plus léger,
Utile.
Clair soleil d’été avec,
Sa chaleur, sa douceur, sa tranquillité.
Et, vite,
Les porteurs de fleurs en l’air touchent de la terre.





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