Pauline Viardot (1821-1910)
Dix Mélodies
Partitions

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1. Solitude
2. La petite chevrière
3. L’absence
4. Un jour de printemps
5. Villanelle
6. En mer
7. La chanson de Loïc
8. Marie et Julie
9. La Luciole
10. Tarentelle

Vidéos : Marina Comparato (mezzo-soprano) – Elisa Triulzi (Piano)


1. Solitude (PDF page 8)
Poème d’Édouard Turquety
Pour voix moyenne – Andantino à 6/8
Sol mineur (Ré3-Fa#4)
La primevère mourante
Aspirait la brise errante,
Et le printemps de retour
Berçait d’un souffle de rose
Le nid où l’oiseau repose,
Quand je vins rêver d’amour.
Et l’image accoutumée
De ma jeune bien-aimée,
Aussi belle qu’un beau jour,
Glissait comme une ombre douce,
Parmi les fleurs et la mousse,
Quand je vins rêver d’amour.
Adieu, ville aux bruits sans nombre,
La campagne fraîche et sombre,
Voilà mon dernier séjour;
Pauvre oiseau de la vallée,
Je reviens chercher l’allée,
Qui me fait rêver d’amour.

2. La petite chevrière (PDF page 12)
Poème d’Ivan Turgenev
Pour voix moyenne – Allegro moderato à 3/4
Si bémol Majeur (Fa3-Fa4)
Ah! c’est déjà ma fauvette
Qui chante sur le pommier;
J’ai dormi longtemps;
Allons il est temps!
Il est temps, car la clochette
Sonne au cou de mon bélier.
Allons, mes chevreaux gentils,
Suivez-moi grands et petits,
Allons faire la dinette,
Sous les chênes du sentier
Hé là bas, là bas,
Ne vous battez pas
Ah! La la hi-o la la la
Qu’il fait bon dans la montagne
Où personne ne me voit
De jolis oiseaux
Boivent aux ruisseaux
Mais là-bas dans la campagne
On étouffe sous un toit
On ne voit que des méchants
Qui maltraitent les enfants,
Là-haut Finaut m’accompagne,
Et me mène au bon endroit;
C’est qu’il m’aime bien.
Mon bon petit chien.
Ah! La la hi o la la la

3. L’absence (PDF page 16)
Chanson espagnole
Pour voix moyenne – Andantino à 3/4
Si bémol Majeur (Do3-Fa4)
Aux longs tourments de l’absence
Le seul remède est mourir
Dans la triste indifférence
Pourquoi si longtemps languir ?
Sans repos, sans espérance ?
Est-ce vivre que souffrir ?
Lorsque je tiens ma promesse,
Ingrat, de t’aimer toujours,
Peut-être une autre maitresse
T’énivre d’autres amours.
C’est hélas! trop de souffrance,
Je sens mon cœur défaillir.

4. Un jour de printemps (PDF page 21)
Poème d’Édouard Turquety
Pour voix moyenne – Allegretto à 3/4
Sol Majeur (Ré3-Mi4)
La légère fleur
Tremble sur sa tige,
L’abeille voltige,
Voici l’oiseleur
L’oiseleur qui guette
La vive alouette
Le long du sillon,
Le long des allées
Tièdes et voilées,
Le gai papillon
Sème avec ses ailes
Des flots d’étincelles.
Écoutez là-bas
Les milles murmures
Des milles verdures ;
Ne dirait on pas
Qu’il est des voix douces
Jusque dans les mousses ?
Oh! dans les taillis,
Quand l’ombre s’allonge,
Quand le cor prolonge
Ses doux hallalis
Comme la pensée
Se trouve bercée
Quel charme secret
Dans l’eau transparente,
Dans la lune errante ;
Et puis, quel regret,
Quand l’aurore achève
La veille et le rêve !

5. Villanelle (PDF page 27)
Poème d’Édouard Turquety
Pour voix moyenne – Allegretto à 2/4
Do mineur (Do3-Fa4)
Voici venir sur la pelouse
Les rayons du soleil qui meurt ;
Avec son murmure enchanteur,
Voici venir l’ombre jalouse,
J’écoute, et les voix du printemps
Font gémir la feuille éveillée ;
J’aime le soir el la veillée,
La veillée est douce, et j’attends.
J’attends que la forêt se voile,
Et qu’au fond du ciel mon regard
Se perde et rencontre au hasard
Le regard tremblant d’une étoile.
Au milieu des mondes flottants,
Seule; dans sa mélancolie,
Glissera la lune pâlie ;
La veillée est douce et j’attends.
Si du moins, dans le vallon même,
Où, le soir, je viens l’appeler,
J’entendais doucement parler
Celle que je pleure et qui m’aime !
Je crois l’entendre par instants,
Mais c’est quelque feuille envolée ;
Ah ! je n’aime plus la veillée,
La veillée est triste et j’attends.

6. En mer (PDF page 38)
Poème de Gustave de Larenaudière
Pour voix moyenne – Andante à 3/4
La bémol Majeur (Ré#3-Mib4)
La lune dans les cieux, promenant ses clartés,
Se mirait sur les flots, sur les flots argentés.
Je voguais solitaire, et, m’éloignant des grèves,
Entre le ciel et l’eau je balançais mes rêves.
Entre le ciel et l’eau quand la nue est d’azur,
Quand le flot est tranquille et que le cœur est pur,
La double immensité nous parle et nous révèle
La faiblesse de l’homme et la force éternelle.
Ces cieux ont éclairé des empires puissants,
Et ces flots ont mugi sous des murs menaçants,
Ces cieux brillent toujours, ces flots roulent encore,
Et le nom de Carthage est inconnu du More.
Des autels abattus, des empires détruits,
Le calme des déserts aux lieux où mille bruits
Montaient au ciel… voilà ce que le monde antique
Lègue au monde nouveau dans un sens prophétique.
La lune dans les cieux, promenant ses clartés,
Se mirait sur les flots, sur les flots argentés.
Je voguais solitaire, et, m’éloignant des grèves,
Entre le ciel et l’eau je balançais mes rêves.

7. La chanson de Loïc (PDF page 39)
Poème d’Auguste Brizeux
Pour voix moyenne (ou haute) – Allegretto à 6/8
Ré mineur (La2-Fa4) La4 facultatif
Dès que la grive est éveillée,
Sur cette lande encor mouillée
Je viens m’asseoir
Jusques au soir.
Grand mère, de qui je me cache,
Dit: Loïc aime trop sa vache
Oh! Oh! Nenni da!
Mais j’aime la petite Anna.
A son tour, Anna, ma compagne,
Conduit derrière la montagne,
Près des sureaux,
Ses noirs chevreaux.
Si la montagne, où je m’égare,
Ainsi qu’un grand mur nous sépare,
Sa douce voix,
Sa voix m’appelle au fond du bois.
Encore! Encore ! Anna, ma belle !
Anna, c’est Loïc qui t’appelle!
Encore un son
De ta chanson !
La chanson que chantent les lèvres,
Lorsque pour amuser tes chèvres,
Petite Anna,
Tu danses ton gai ta-ra-la.
Mais quelle est derrière la branche,
Cette fumée errante et blanche,
Qui doucement, Vers moi descend ?
Hélas ! Cette blanche fumée,
C’est l’adieu de ma bien-aimée,
L’adieu d’amour,
Qui s’élève à la fin du jour.
Adieu donc ! contre un vent farouche,
Au travers des mes doigts ma bouche
Dans ce ravin
L’appelle en vain
Déjà la nuit vient sur la lande,
Rentrons au bourg, vache gourmande,
O gui-lan-la,
Adieu donc, ma petite Anna.

8. Marie et Julie (PDF page 47)
Poème de Gustave de Larenaudière
Pour voix haute (il est indiqué « pour ténor »)
Andantino mosso à 3/8 – Fa Majeur (Do4-La4)
(Version en DoM)
Les lys sont bien charmants;
Mais j’aime aussi la rose
Où le matin dépose
Ses petits diamants;
Marie est bien jolie
Mais Julie
Bien doux sont les yeux bleus
Comme la nuit sereine;
Mais j’aime aussi l’ébène
L’ébène des grands yeux
Marie est bien jolie
Mais Julie !
Entre deux fraîches voix,
Entre deux fleurs nouvelles,
Entre deux étincelles,
Qui saurait faire un choix?
Marie est bien jolie
Mais Julie ah Julie !

9. La Luciole (PDF page 53)
Poème de Gustave de Larenaudière
Pour voix haute – Allegretto vivace à 3/8
Do Majeur (Ré3-La4)
(Version en SibM)
Voyez la Luciole,
Voyez comme elle vole,
En précédant ses soeurs.
Où va-t-elle? où va-t-elle?
Poser son étincelle
Sur l’herbe ou sur les fleurs.
Sur la fleur rose et blanche,
Suspendue à la branche
De l’arbuste odorant;
Sur l’herbe verdoyante,
Pour narguer la méchante!
Le pauvre ver luisant.
Dis-moi, mouche brillante,
Serais tu l’âme errante
D’un amant malheureux?
Où serais-tu quelque âme
Qui concentra la flamme
Qu’on doit brûler pour deux ?
As-tu plaisir ou peine ?
Est-ce un ange qui mène
tes ailes dans la nuit ?
Ou quelque démon sombre
S’éclaire-t-il, dans l’ombre,
De ton fanal qui luit ?
Non, non, tu dois être heureuse
Ô mouche lumineuse,
Fille des nuits d’été,
Car ta vie éphémère
Me semble un doux mystère
D’amour et de beauté.

10. Tarentelle (PDF page 61)
Pour voix haute – Allegro vivace à 6/8
Do mineur (Do3-Do5) avec vocalise
(Version en Lam)
Intro pianistique
Dansez, pêcheur Napolitain,
En chantant votre gai refrain,
Dansez, pêcheur Napolitain,
La mer est calme et l’air serein,
Dansez, pêcheur Napolitain,
Sans nul souci du lendemain.
Si du Vésuve ou de l’Etna
La flamme étincelle,
C’est un fanal qui brillera,
C’est un fanal de bal;
Et si la mer, sur Ischia,
Ses flots amoncèle
Sa grande voix résonnera,
C’est un signal de bal
Dansez, dansez la Tarentelle !
À la madone, à Saint Janvier,
Donnez le cierge et le dernier,
La main de ces patrons bénis
Mène tout droit en Paradis,
Mais en attendant
Du départ le triste moment,
Livrons le reste de nos jours
À la danse, au vin, aux amours.


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