Georges Hüe (1858-1948)
Vingt Mélodies
Pour voix moyenne et piano
Partition des 20 mélodies (pdf)

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À des Oiseaux
Épiphanie
Le Bateau Noir
Octobre
Violettes


À des oiseaux n°10 (PDF page 50)
Poème d’Eugène Adénis
Allegretto leggiero à 2/4 – Fa Majeur (Ré3-Fa4)
Renée Doria (Chant)
Bonjour, bonjour les fauvettes
Bonjour les joyeux pinsons
Éveillez les pâquerettes
Et les fleurs des verts buisssons
Toujours votre âme est en fête
Gais oiseaux qu´on aime à voir
Pour l´amant et le poète
Vous chantez matin et soir.
Mais dans la plaine, il me semble
Qu´on a tendu des réseaux
Voltigez toujours ensemble
En garde, petits oiseaux!
Penchez-vous sans toucher terre
Voyez-vous au coin du bois
Vous guettant avec mystère
Ces enfants à l´œil sournois?
Ah! bien vite à tire d´aile
Fuyez. fuyez leurs appâts
Venez avec l´hirondelle
Qui, dans son vol, suit mes pas.
Dans mon jardin, nulle crainte
Vous pourrez, d´un bec léger,
Piller, piller sans contrainte
Tous les fruits mûrs du verger
Bonsoir, bonsoir les fauvettes
Bonsoir les joyeux pinsons
Endormez les pâquerettes
Et les fleurs des verts buissons.

Épiphanie n°19 (PDF page 90)
Poème de Leconte de Lisle
Assez lent à 3/4 – Mi bémol Majeur (Do3-Solb4)

Elle passe, tranquille, en un rêve divin,
Sur le bord du plus frais de tes lacs, ô Norvège !
Le sang rose et subtil qui dore son col fin
Est doux comme un rayon de l’aube sur la neige.
Au murmure indécis du frêne et du bouleau,
Dans l’étincellement et le charme de l’heure,
Elle va, reflétée au pâle azur de l’eau
Qu’un vol silencieux de papillons effleure.
Quand un souffle furtif glisse en ses cheveux blonds,
Une cendre ineffable inonde son épaule ;
Et, de leur transparence argentant leurs cils longs,
Ses yeux ont la couleur des belles nuits du Pôle.
Purs d’ombre et de désir, n’ayant rien espéré
Du monde périssable où rien d’ailé ne reste,
Jamais ils n’ont souri, jamais ils n’ont pleuré,
Ces yeux calmes ouverts sur l’horizon céleste.
Et le Gardien pensif du mystique oranger
Des balcons de l’Aurore éternelle se penche,
Et regarde passer ce fantôme léger
Dans les plis de sa robe immortellement blanche.


Autres Compositeurs sur le même poème
Camille Benoît (1851-1923)
Apparition
Pour voix moyenne et piano
Andante à 4/4 – Do Majeur (Mi3-Mi4)
Partition
Charles Koechlin (1867-1950)
Trois Mélodies Op.17 n°2
Pour voix haute et piano
Très égal, sans nuance à 4/4
Do dièse mineur (Mib3-Sol#4)
Partition
Version pour orchestre
Partition en ligne
Anaïk Morel (soprano) – Nicolas Jouve (Piano)
Sandrine Piau (soprano)
Orchestre Victor Hugo · Jean-François Verdier (Direction)

Le Bateau noir n°18 (PDF page 84)
Poème de Jean Richepin
Allegro molto agitato à 3/4 – Ré mineur (Mi3-Fa4)

Je veux prendre un bateau sans boussole,
Sans rames, sans agrès et sans voiles,
Pour aller, sous un ciel sans étoiles,
Chevaucher au hasard la mer folle.
Ô vapeur, bous et hurle avec rage!
Tourne, tourne, âpre vis de l’hélice!
Sifflet, crie avec joie et délice,
Comme un pétrel repu dans l’orage.
Au branle étourdissant des marées,
Mouillé par les embruns et la pluie,
Les yeux pleurant de sel et de suie,
Dans les glaces du Nord démarées,
Dans les puits des malstroms qui tournoient,
Dans les rocs des écueils aux dents noires,
Près des requins ouvrant leurs mâchoires,
Tombeaux vivants des morts qui se noient,
Crevant de faim, de soif et de fièvres,
J’irai je ne sais où, seul, farouche,
Et peut-être qu’alors, sur ma bouche
Je n’aurai plus le goût de tes lèvres.


Autre Compositeur sur le même poème
Louis Vierne (1870-1937)
Le Poème de l’amour (III. Brumaire) Op.48
Quinze poèmes de Jean Richepin
Pour voix haute et piano
Partition à la BNF Paris Richelieu
Section Musique (Cote : FOL-VM7-20927 (1-4))
Corinne Orde (soprano) – Jonathan Cohen (piano)

Octobre n°7 (PDF page 35)
Poème de François Coppée
Andantino con moto à 9/8 – Mi mineur (Ré3-Fa#4)

Avant que le froid glace les ruisseaux,
Et voile le ciel de vapeurs moroses,
Écoute chanter les derniers oiseaux,
Regarde fleurir les dernières roses.
Octobre permet, un moment encor,
Que dans leur éclat les choses demeurent;
Son couchant de pourpre et ses arbres d’or
Ont le charme pur des beautés qui meurent.
Tu sais que cela ne peut pas durer,
Mon cœur, mais malgré la saison plaintive,
Un moment encor, tâche d’espérer;
Et saisis du moins l’heure fugitive.
Bâtis en Espagne… un dernier château…
Oubliant l’hiver qui frappe à nos portes
Et vient balayer de son dur râteau
Les espoirs brisés, et les feuilles mortes.

Violettes n°13 (PDF page 62)
Poème d’Armand Silvestre
Andantino tranquillo à 4/4 – Ré Majeur (Do3-Fa#4)

Tels les yeux bleus sous les violettes,
Humides, à demi fermés,
Sous les vitrages embrumés
Apparaissent les violettes.
Bien ayant les lys éclatants,
A Toulouse, annonçant les roses,
Charme éternel des jours moroses,
Elles fleurissent en tout temps.
Dans les boutiques parfumées,
Pâles, et lentes à s’ouvir,
Elles attendent, pour mourir,
La poitrine des bien aimées.
Pour les bois et les champs frileux,
Où partout le givre étincelle,
J’en veux aller cueillir pour celle
Qui, comme elles, à les yeux bleus.
Et, pour mieux égaler le charme
Des fleurs où fondit le grésil,
Comme la rosée, en Avril,
J’y veux laisser choir une larme.


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