Paul Gravollet (1863-1936)
Comédien français, pensionnaire de la Comédie-Française, poète et auteur dramatique
Auteur de l’ouvrage « Déclamation – Ecole du mécanisme », utilisé dans les cours d’Art dramatique

Toutes les titres – Editions Hamelle

Quelques compositeurs sur les poèmes de cet auteur…


Cliquez sur un titre…
Cœur de neige de Hermann Bemberg
Les Roses pleurent de Henri Busser
Dans la fontaine d’André Caplet
Refrain de Novembre de Cécile Chaminade
Pays natal de Charles-Léon Hess
Valse des follets de Charles Lecocq
Vers les étoiles de Charles Levadé
La Chevrette de Henri Maréchal
Fleurs fanées de Georges Marty
L’heure tendre de Paul Puget
Manteau de Fleurs de Maurice Ravel
Les Nuages de Francis Thomé
Nuit mystérieuse de Charles Widor


Cœur de neige
Herman Bemberg (1861-1931)
Partition – Poème n°1
Pour voix haute et piano
Moderato à 6/8 – Mi bémol Majeur (Fa3-Sib4)

La fée des neiges m’est apparue :
Oh ! quelle blanche vision !
Si blanche qu’on la voit à peine,
Je l’ai vue ! Près des précipices sans fond,

A mes yeux elle s’est dressée;
Des flocons blancs lui faisaient cortège,
Mais elle était plus blanche
Que la neige immaculée !

Et sa voix m’a parlé :
“J’ai pitié de ta souffrance,
Et veux t’épargner la désespérance
Que t’apporterait un amour blessé;
Fuis celle que ton rêve implore,
Fuis s’il en est temps encore,
Fuis sans attendre une nouvelle aurore,
Et demain sois loin de sa route !

Tu crois qu’elle peut aimer ?
Écoute: J’ai pris son cœur
Et j’ai mis pour le remplacer
La neige la plus froide de mes glaciers ! »

Les Roses pleurent
Henri Busser (1872-1973)
Partition – Poème n°2
Pour voix moyenne et piano
Poco adagio à 9/8 – Ré Majeur (Mi#3-Fa#4)

Les roses ont ce soir pleuré dans le jardin;
Leur parfum était triste et tristes leurs corolles,
Peut-être qu’un passant aura dit ces paroles :
“Toutes se faneront demain !”

Aussi comme ce soir leur veille est douloureuse !
Elles tremblent de s’endormir
Craignent, toutes peureuses
Que ce dernier sommeil les vienne en sevelir !

Leur tige s’alourdit de tristesse pesante
Des larmes de la nuit, leur pauvre cœur est plein,
Chaque fleur prend des airs d’agonisante.
Les roses ont ce soir pleuré dans le jardin !

Dans la fontaine
André Caplet (1878-1925)
Partition – Poème n°3
Pour voix moyenne et piano
Très modéré à 3/4
Ré bémol Majeur (Réb3-Fa4)

Je t’ai vue, reflétée dans la fontaine,
Dans la fontaine transparente;
Ton image était lointaine
A peine apparente.

L’or de tes cheveux s’argentait
Comme en un glauque clair de lune
Et ton regard se perdait
Dans l’eau plutôt brune.

Ton corsage presque entre vu
Mourait en rêve
Vision de l’imprévu
Que l’esprit achève…

Achève… dans l’incertain
Et sur ce miroir tremblant,
Tes mains fleurissaient soudain
Comme émergent des lotus blancs.

Refrain de Novembre
Cécile Chaminade (1857-1944)
Partition – Poème n°4
Pour voix moyenne et piano
Allegretto à 3/8
Pour voix moyenne : Fa mineur (Si2-Fa4)
Pour voix grave : Ré mineur (Sol#2-Ré4)

Lonlaire lonla,
Voici la froidure!
Novembre parait sous l’horizon gris.
Les fleurs, les parfums,
Les nids, la verdure,
Par le vent du nord ont été flétris!
Lonlaire lonla,
Cet air je l’appris
Dans un jour de spleen que la vie endure,
Lonlaire lonla,
L’obsession dure
Et, du même ennui, tout mon être est pris.
Lonlaire lonla,
Cet air monotone
Se mêle aux accords mineurs de l’automne.
À peine si mon oreille perçoit,
Lonlaire lonla,
Ce chant qui l’effleure,
Mon esprit rabat ses ailes en soi,
Et mon cœur s’endort et mon âme pleure !

Pays natal
Charles-Léon Hess (1844-1926)
Partition – Poème n°8
Pour voix moyenne et piano
Andante religioso à 2/4 – Fa Majeur (Fa3-Fa4)

J’ai pris le sentier qui suit la vallée,
Le joli sentier de genêts;
Ce sentier, je le reconnais.
Toute la ramure est ensoleillée,
Il me semble que je renais !

Après de trop longues années,
Je reviens au pays natal;
Bien des illusions, hélas ! se sont fanées,
Que j’emportai d’espoir enrubannées,
Doux bagage sentimental !

Je veux oublier les épreuves
Qui m’attendaient où j’ai passé,
Chercher des illusions neuves,
Et que tout soit effacé
Des misères de passé !

Voici les bruyères roses,
Voici les prés reverdis !
Enfant, j’aimais déjà la douceur de ces choses,
Maintenant que j’y viens l’âme et le cœur grandis,
Je crois entrer au paradis !

Valse des follets
Charles Lecocq (1832-1918)
Partition – Poème n°11
Pour voix moyenne et piano
Allegro non troppo à 9/8 – La Majeur (Do3-Fa#4)

Les follets valsent sur les eaux ;
Ils valsent sur l’eau brune,
Passant entre les roseaux
Au clair de la lune.

Dans les roseaux à qui le vent,
Sur l’île déserte,
Faire chanter, en les soulevant,
Leur valse verte.

Ils dansent, les joyeux lutins,
Dans la blanche lumière,
Ils vont danser jusqu’au matin
Leur valse coutumière :

Le rythme est enlaçant
L’orchestre des roseaux entraîne,
Sautant, tourbillonnant, valsant,
Les esprits de la plaine.

L’étoile du matin, seule dans le ciel luit,
Les follets valsent encore.
Mais soudain, les danseurs on fui.
Voici l’aurore !

Vers les étoiles
Charles Levadé (1869-1948)
Partition – Poème n°13
Pour voix haute et piano
Allegro non troppo à 3/4
Mi Majeur (Sol3-Lab4) avec vocalise facultative à la fin

Le grand bateau s’en est allé sur la mer !
Oh ! vents, gonflez ses voiles !
Tiens droit toujours, le gouvernail de fer,
Pilote on va vers les étoiles !

Ohé ! ho ! Ohé ! mousse, grimpe au mat;
Regarde à l’horizon mauve;
Les astres, ne le vois-tu pas ?
Derrière les nuages qui se sauvent ?

Chacun à son banc! ramez les garçons,
Il nous faut ce soir aborder au ciel.
Tous ces oiseaux blancs nous les dépassons,
Nos désirs ont de grandes ailes !

La poupe blanchit aux baisers des lames.
Et dans son sillage d’argent
Le grand bateau porte nos âmes
A celui qui les attend !

Le grand bateau s’en est allé sur la mer.
Oh! vents, gonflez ses voiles !
Tiens droit toujours, le gouvernail de fer,
Pilote on va vers les étoiles.

La Chevrette
Henri Maréchal (1842-1924)
Partition – Poème n°14
Pour voix moyenne et piano
Allegretto giocoso à 2/4 – Fa Majeur (Ré3-Fa4)

Tout en bas du talus où s’encaisse la route,
Où très peu de ciel s’aperçoit,
Sans regarder autour de soi,
La petite chevrette broute.

Elle qui dans les yeux garde, on ne sait comment,
La claire vision des horizons sans bornes,
Tourne en un cercle étroit, tirant obstinément
Sur la corde tendue, attachée à ses cornes !

Vers l’azur qui l’attend au paradis de Dieu,
Notre âme obstinément s’élance devant elle,
Mais, tenue à nos corps comme la chèvre au pieu,
Notre âme est prisonnière, avant d’être immortelle !

Fleurs fanées
Georges Marty (1860-1908)
Partition – Poème n°15
Pour voix voix moyenne et piano
Très modéré à 3/4 – Fa Majeur (Do3-Fa4)

J’ai trouvé ce bouquet de fleurettes fanées :
Pâquerettes, volubilis et boutons d’or
Ah! qui saura jamais depuis combien d’années
Ce bouquet fut caché comme on cache un trésor !

Celle qui vous cacha comme on cache un trésor !
Devait être très blonde et volontiers rêveuse,
Pour vous garder ainsi dans sa vie amoureuse,
Pâquerettes, volubilis et boutons d’or.

Ah ! qui saura jamais depuis combien d’années
Ce bouquet eut le sort des choses qu’on oublie,
Fleurettes sans parfum, maintenant si pâlies :
Pauvre petit bouquet de fleurettes fanées !

L’heure tendre
Paul Puget (1848-1917)
Partition – Poème n°16
Pour voix moyenne et piano
Moderato à 4/4 – Fa Majeur (Do3-Fa4)

Le soleil est tombé parmi les arbres roses.
Un dernier rayon se répand
Dans la futaie et sur les fonds d’apothéoses
Du crépuscule enveloppant !

Tout s’apaise. Le vent se tait dans la ramure
Et l’air en est tout attiédi;
La chanson des oiseaux n’est qu’un vague murmure.
Au loin le couchant resplendit !

C’est l’heure de détente et l’heure d’accalmie,
Il ne fait pas nuit mais plus jour;
C’est l’heure où la maîtresse est un instant l’amie,
C’est l’heure tendre de l’amour !

C’est l’heure où les amants se font des confidences,
Où le cœur dit la vérité…
Cependant que dans l’air tourne en des contredanses.
La poussière d’or de l’été !


Manteau de Fleurs (Fiche dans ce blog)

Maurice Ravel (1875-1937)
Poème n°19
Les Nuages
Francis Thomé (1850-1909)
Partition – Poème n°20
Pour voix haute et piano
Allegretto à 4/4 – Si bémol Majeur (Ré3-Sib4)

Les nuages suivent les chemins du ciel,
La lune vainement veut le garder près d’elle,
Et coquettement s’en faire des voiles;
Ils passent sans voir qu’elle est belle;
Ils sont amoureux des étoiles !

Les nuages sont aimés des étoiles,
Qui de leur scintillement les appellent,
Et c’est pour se rapprocher d’elles
Qu’ils suivent les chemins du ciel;
Mais les étoiles sont bien trop haut.

Les nuages gris, roses, argentés
Sont bien légers, mais pas aussi légers qu’il faut
Pour atteindre la voie lactée.
Sur les chemins du ciel ils courent vite,
Comme elle est rapide leur fuite !

Ils se bousculent, se dépassent,
Et les amantes de l’espace
Leur font des signes quand ils passent !

Les nuages gris, roses, argentés
Si rapidement qu’ils soient emportés
Vers l’azur qu’ils volent,
N’atteindront jamais les étoiles !
Nuit mystérieuse (Roses)

Charles-Marie Widor (1844-1937)
Partition – Poème n°22
Pour voix haute et piano
Moderato à 6/8 – Mi Majeur (Si2-Sol#4)

La nuit languissante a tissé ses voiles.
Dans le miroir de tes grands yeux,
Vers notre amour mystérieux,
Je vois se pencher les étoiles
Au balcon du cieux !

La Brise chante dans les feuilles
Un hymne de foi.
Les roses, pourquoi tu les cueilles,
Se tendent vers toi !
Une ineffable poésie
Sur ton front pur vient se poser,
Et l’ivresse de l’ambroisie
Se retrouve dans ton baiser !

La nuit langoureuse a mis ses étoiles
Dans le printemps délicieux.
Quittant pour un instant le ciel mystérieux:
Pure, sans voiles,
L’étoile de l’amour se lève dans tes yeux !



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