Partition
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1. L’Amour et la folie
2. Le Satyre et le passant
3. Les Médecins
4. L’Huître et les plaideurs
5. La Montagne qui accouche
6. La Femme noyée
L’Amour et la folie (PDF page 3)
Pour voix moyenne et piano
Moderato à 3/4 – Do Majeur (Do3-Fa4) La Folie et l’Amour jouaient un jour ensemble ;
Celui-ci n’était pas encor privé des yeux.
Une dispute vint, l’Amour veut qu’on assemble
La dessus le conseil des dieux ;
L’autre n’eut pas la patience
Elle lui donne un coup si furieux
Qu’il en perd la clarté de cieux. Vénus en demande vengeance
Femme et mère il suffit pour juger ses cris
Les dieux en furent étourdis
Et Jupiter et Némésis,
Et les juges d’enfer, enfin toute la bande,
Elle représenta l’énormité du cas.
Son fils sans un bâton ne pouvait faire un pas ;
Nulle peine n’était pour ce crime assez grande
Le dommage devait être aussi réparé.
Quand on eu bien considéré
L’intérêt du public, celui de la partie,
Le résultat enfin de la suprême cour fut
De condamner la Folie à servir de guide à l’Amour.
Le Satyre et le passant (PDF page 9)
Pour voix haute et piano
à 2/4 – Si bémol Majeur (Ré3-Sol4) Au fond d’un antre sauvage
Un Satyre et ses enfants
Allaient manger leur potage,
Et prendre l’écuelle aux dents. On les eût vus sur la mousse,
Lui, sa Femme, et maint Petit,
Ils n’avaient tapis ni housse,
Mais tous fort bon appétit . Pour se sauver de la pluie,
Entre un Passant morfondu.
Au brouet on le convie.
Il n’était pas attendu. Son hôte n’eut pas la peine
De le lui dire* deux fois.
D’abord avec son haleine
Il se réchauffe les doigts. Puis sur le met* qu’on lui donne,
Délicat, il souffle aussi.
Le Satyre s’en étonne,
Notre hôte, à quoi bon ceci ? L’un refroidit mon potage;
L’autre réchauffe ma main.
Vous pouvez, dit le Sauvage,
Reprendre votre chemin . Ne plaise aux Dieux que je couche
Avec vous sous même toit !
Arrière ceux dont la bouche
Souffle le chaud et le froid.
* Modification du poème
Les Médecins (PDF page 15)
Pour voix haute et piano
Allegretto à 6/8 – Sol Majeur (Ré3-Sol4) Le médecin Tant-Pis allait voir un malade,
Que visitait aussi son confrère Tant-Mieux.
Ce dernier espérait, quoique son camarade
Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s’étant trouvés différents pour la cure,
Leur malade paya le tribut à nature,
Après qu’en ses conseils Tant-Pis eut été cru,
Ils triomphaient encor sur cette maladie,
L’un disait : Il est mort, je l’avais bien prévu,
S’il m’eût cru, disait l’autre, il serait plein de vie.
Autre Compositeur sur le même poème
Alfred Bruneau
L’Huître et les plaideurs (PDF page 21)
Pour voix moyenne et piano
Andante moderato à 4/4 – La Majeur (Ré#3-Mi4) Un jour, deux Pèlerins sur le sable rencontrent
Une Huître, que le flot y venait d’apporter
Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;
A l’égard de la dent il fallut contester.
L’un se baissait déjà, pour amasser la proie ;
L’autre le pousse et dit : Il est bon de savoir
Qui de nous en aura la joie.
Celui qui le premier a pu l’apercevoir
En sera le gobeur ; l’autre le verra faire.
Si par là on juge l’affaire,
Reprit son compagnon, j’ai l’œil bon, Dieu merci
Je ne l’ai pas mauvais aussi,
Dit l’autre, et je l’ai vue avant vous, sur ma vie.
Eh bien ! vous l’avez vue, et moi je l’ai sentie.
Pendant tout ce bel incident,
Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge
Perrin, fort gravement, ouvre l’Huître et la gruge,
Nos deux Messieurs le regardant.
Le repas fait, il dit d’un ton de Président :
Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille
Sans dépens, et qu’en paix chacun chez soi s’en aille.
La Montagne qui accouche (PDF page 26)
Pour voix moyenne et piano
Allegretto à 6/8 – Do Majeur (Fa3-Fa4) Une Montagne en mal d’enfant,
Jetait une clameur si haute,
Que chacun au bruit accourant
Crut qu’elle accoucherait sans faute,
D’une cité plus grosse que Paris
Elle accoucha d’une Souris. Quand je songe à cette fable
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable,
Je me figure un auteur
Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans au maître du tonnerre.
C’est promettre beaucoup : mais qu’en sort-il souvent ?
Du vent.
Autre Compositeur sur le même poème
Régis Campo (1968)
Cinq Fables de La Fontaine n°3
Éditions Lemoine Pour soprano et piano (ou orchestre)
Partition
à la BNF Paris Richelieu – Section Musique (Cote : VMG-58033)
● Partitions en ligne
Cinq Fables de La Fontaine n°3
Éditions Lemoine Pour soprano et piano (ou orchestre)
Partition
à la BNF Paris Richelieu – Section Musique (Cote : VMG-58033)
● Partitions en ligne
La Femme noyée (PDF page 31)
Pour voix haute et piano
Allegro à 4/4 – Si bémol Majeur (Fa3-Sol4) Je ne suis pas de ceux qui disent: « Ce n’est rien.
C’est une femme qui se noie. »
Je dis que c’est beaucoup ; et ce sexe vaut bien,
Que nous le regrettions, puisqu’il fait notre joie;
Ce que j’avance ici n’est point hors de propos,
Puisqu’il s’agit en cette fable,
D’une femme qui dans les flots
Avait fini ses jours par un sort déplorable.
Son époux en cherchait le corps,
Pour lui rendre, en cette aventure,
Les honneurs de la sépulture.
Il arriva que sur les bords
Du fleuve auteur de sa disgrâce
Des gens se promenaient, ignorants l’accident.
Ce mari donc leur demandant
S’ils n’avaient de sa femme aperçu nulle trace,
Nulle, répond* l’un d’eux; mais cherchez-la plus bas;
Suivez le fil de la rivière.
Un autre repartit: Non, ne le suivez pas;
Rebroussez plutôt en arrière:
Quelle que soit la pente et l’inclination
Dont l’eau par sa course l’emporte,
L’esprit de contradiction
L’aura fait flotter d’autre sorte.»
Autres Compositeurs sur le même poème
Isabelle Aboulker et Florent Schmitt
La Fontaine : Coloriage des Fables de La Fontaine