Joseph Kosma (1905-1969)
5 mélodies de 1967 sur des poèmes de Robert Desnos
Pour mezzo-soprano et piano – Éditions Eschig
1. La grenouille aux souliers percés
2. Le chat qui ne ressemble à rien
3. L’oiseau du Colorado
4. Le poisson sans souci vous dit bonjour, vous dit bonsoir
5. L’araignée à moustaches n’est pas Napoléon III

Les Vidéos :
La chanson l’amour l’absurde
Ursula Wick (mezzo-soprano) et Gérard Wyss (piano)
Gallo

La grenouille aux souliers percés

La grenouille aux souliers percés
A demandé la charité
Les arbres lui ont donné
Des feuilles mortes et tombées.

La grenouille aux souliers percés
A demandé la charité

Les champignons lui ont donné
Le duvet de leur grand chapeau.
L’écureuil lui a donné
Quatre poils de son manteau

La grenouille aux souliers percés
A demandé la charité

L’herbe lui a donné
Trois petites graines.
Le ciel lui a donné
Sa plus douce haleine.

Mais la grenouille demande toujours,
Demande encore la charité
Car ses souliers sont toujours,
Sont encore percés.

Le chat qui ne ressemble à rien

Le chat qui ne ressemble à rien
Aujourd’hui ne va pas très bien.

Il va visiter le Docteur
Qui lui ausculte le cœur.

Votre cœur ne va pas bien
Il ne ressemble à rien,

Il n’a pas son pareil
De Paris à Créteil.

Le chat qui ne ressemble à rien
Aujourd’hui ne va pas très bien.

Il va visiter sa demoiselle
Qui lui regarde la cervelle.

Votre cervelle ne va pas bien
Elle ne ressemble à rien,

Elle n’a pas son contraire
À la surface de la terre.

Voilà pourquoi le chat qui ne ressemble à rien
Est triste aujourd’hui et ne va pas bien.

L’oiseau du Colorado

L’oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat des mandarines
Des dragées des nougatines
Des framboises des roudoudous
De la glace et du caramel mou.

L’oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop
Suc de fraise et lait d’autruche
Jus d’ananas glacé en cruche
Sang de pêche et de navet
Whisky menthe et café.

L’oiseau du Colorado
Dans un grand lit fait un petit dodo
Puis il s’envole dans les nuages
Pour regarder les images
Et jouer un bon moment
Avec la pluie et le beau temps.

Le poisson sans souci

Le poisson sans-souci
Vous dit bonjour vous dit bonsoir
Ah ! qu’il est doux qu’il est poli
Le poisson sans-souci.

Il ne craint pas le mois d’avril
Et c’est tant pis pour le pêcheur
Adieu l’appât adieu le fil
Et le poisson cuit dans le beurre.

Quand il prend son apéritif
à Conflans Suresnes ou Charenton
Les remorqueurs brûlant le charbon de Cardiff
Ne dérangeraient pas ce buveur de bon ton.

Car il a voyagé dans des tuyaux de plomb
Avant de s’endormir sur des pierres d’évier
Où l’eau des robinets chante pour le bercer
Car il a voyagé aussi dans des flacons
Que les courants portaient vers des rives désertes
Avec l’adieu d’un naufragé à ses amis.

Le poisson sans-souci
Qui dit bonjour qui dit bonsoir
Ah ! qu’il est doux et qu’il est poli
Le poisson sans-souci
Le souci sans souci
Le Poissy sans Soissons
Le saucisson sans poids
Le poisson sans-souci.

L’araignée à moustaches

L’araignée à moustaches
n’est pas Napoléon III
qui s’ennuie quand il a froid.

L’araignée à moustaches
n’a pas de robe en satin
pour trottiner le matin.

L’araignée à moustaches
Ne se rasera jamais
Elle règne au mois de Mai

Mais
ah mais
mais oui
mais

L’araignée à moustaches
habite dans un château
son ami est un corbeau

Mais

L’araignée à moustaches
S’éclaire avec une étoile
Le soleil lui sert de poêle

Mais

L’araignée à moustaches
Porte de belles lunettes
Et joue de la clarinette
Du tambour de la trompette
Et chante d’une voix nette
Fait le jour maintes pirouettes
Toute la nuit fait la fête
Et charme les grosses bêtes

Ah mais !

* Photo de couverture : Photo gratuite et libre de droit (fotomelia.com)