Hector Berlioz (1803-1869)
Ballade n° 7 – Irlande Neuf Mélodies op.2 de 1829
Sur un poème de Thomas Moore – Traduction de Thomas Gounet
Pour voix haute et piano (ou orchestre)
Andante à 4/4
voix haute : Sol Majeur (Ré3-Sol4)
voix moyenne : Mi bémol Majeur (Sib2-Mib4)
Partition PDF page 84 pour voix haute

Cette Harpe chérie, à te chanter fidèle,
Était une Sirène, à la voix douce et belle.
On l’entendait au fond des eaux;
Aux approches du soir, glissent sur le rivage,
Elle venait chercher, couverte d’un nuage,
Son amant parmi les roseaux.

Hélas! elle aimait seule, et ses larmes brillantes
Baignèrent bien des nuits ses tresses ondoyantes,
Doux trésors à l’amour si chers.
Mais une flamme pure au Ciel est précieuse.
Il transforma soudain en Harpe harmonieuse
La plaintive vierge des mers. En contours gracieux

Tout son corps se balance;
Sur sa joue on croit voir un rayon d’éspérance,
Et son sein palpiter encor.
Ses cheveux, dégagés du flot qui les inonde,
Recouvrent ses bras blancs qui ne fendront plus l’onde
Et deviennent des cordes d’or.

Aussi pendant longtemps cette Harpe chérie
Disait-elle à la fois la sombre rêverie,
Et d’amour les plaisirs discrets.
Elle soupire encor la joie et la tristesse:
Quand je suis près de toi, les accords d’allégresse;
Loin de toi, le chant des regrets.


Version en Sol Majeur
Ann Murray (mezzo-soprano)
Graham Johnson (piano)
Version en Mib Majeur
Jérôme Correas (baryton)
Arthur Schoonderwoerd (piano)


Image par Annette Schleich de Pixabay