Max d’Ollone (1875-1959)
Impressions d’Automne – Editions Durand (1894)
Pour voix moyenne et piano

Les Vidéos : Elsa Maurus (mezzo-soprano) Patrice d’ Ollone (piano)

1. Matin d’Automne (Maurice Bouchor)

Souviens-toi ! C’était un matin d’automne,
Les oiseaux chantaient leur chanson d’adieu;
Le ciel immuable et que rien n’étonne
Sur nos fronts riait, splendidement bleu.

Comme si nos cœurs n’avaient point de peine,
Comme si nos yeux étaient secs de pleurs,
Dans l’air embaumé de leur tiède haleine
Orgueilleusement ondulaient les fleurs.

Ah ! Nature, ah ! mère étrange et cruelle,
Pour ainsi chanter, pour ainsi fleurir,
Pour te faire ainsi plus grande et plus belle,
Tu ne sens donc pas que l’on va mourir ?

Souviens-toi ! parfum, musique et lumière
En venant à nous nous glaçaient le cœur,
Et nous écoutions la chanson dernière
Des oiseaux des cieux qui chantaient en chœur.



2.Chanson d’Automne (Paul Verlaine)(Fiche dans ce blog)

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.



3. Novembre (Paul Bourget)

Novembre approche, et c’est le mois charmant
Où, devinant ton âme à ton sourire,
Je me suis pris à t’aimer vaguement,
Sans rien dire.

Novembre approche, ah! nous étions enfants,
Mais notre amour fut beau comme un poème,
Comme l’on fait des rêves triomphants,
Lorsqu’on aime!

Novembre approche, malade et seul
Assis au coin du feu, j’ai songé tout à l’heure
A cet hiver où je croyais en Dieu,
Et je pleure.

Novembre approche, et c’est le mois béni
Où tous les morts ont des fleurs sur leur pierre,
Et moi je porte à mon rêve fini
Sa prière.



Partition à la BNF Paris Richelieu – Section Musique (Cote : VM7-7975)
Partition à la Bibliothèque du Conservatoire de Musique de Genève (Cote : Ac 3274)


Image par Valiphotos de Pixabay