Laurent Coulomb (1977)
Date de composition : 2011
Pour voix d’enfants à l’unisson (ou voix moyenne) et piano
Editions Aedam Musicae
& Partition en ligne

1. À la campagne
2. Le Boa
3. La Rose et le marin
4. Le Ver luisant
5. Après le beau temps
6. Marie et moi
7. Sous les tilleuls


1.À la campagne (Ré3-Mib4)

Tout pique ici : les graminées,
Les taons, les guêpes, les fourmis.
Vrai, on n’en a jamais fini
De maugréer, de se gratter.

Le matin, ce sont les abeilles
Et l’après-midi, les moustiques
Lorsque ce n’est pas le soleil
Qui vous recuit comme une brique.

Ajouter à cela l’ortie,
Le chardon et le gratteron,
Et soyez sûr que j’en oublie.
Je ne compte pas les buissons

Dont les épines vous étrillent,
Ni les fétus ni les citrons.
Comme dit la tante Amélie :
« A la campagne, il fait si bon ! »



2.Le Boa (Do#3-Ré4)

Vous ai-je dit que grand papa
Avait acheté un boa ?
Non pour le cou de grand-maman,
Avec des plumes, des rubans,
Mais un authentique boa
Venu droit du Nicaragua.
Il aimait manger dans la main
Un coq entier ou un lapin,
Puis s’endormait comme un enfant
N’importe où dans l’appartement.
Pourquoi, me direz-vous, pourquoi
Me parlez-vous de ce boa ?
C’est que ce matin, grand-papa
Fut étranglé dans son sofa.



3.La Rose et le marin (Do3-Mib4)

Une rose aimait un marin.
Il est ainsi d’étranges choses
Le marin n’aimait pas la rose ;
II n’aimait que le romarin.

Il partit sur le Marie-Rose,
Traversa l’océan Indien.
Et rien d’étrange à cette chose :
Un marin va toujours très loin.

Mais en débarquant à Formose,
II vit, l’attendant dans un coin,
Une femme habillée de rose
Tenant en main du romarin.

Que faire en cet état de chose
Surtout lorsque l’on est marin
Et qu’on devine mal la cause
De cette ruse du destin ?

On parle de métempsycose,
Mais personne n’est sûr de rien.
Nul n’a revu la femme en rose
Et nul n’a revu le marin



4.Le Ver luisant
Modéré à 2/4
Mi mineur (Mi3-Ré4)
Ecoute & Partition

Doux ver luisant,
Rosée du soir
Au vent dormant,
Pour quel enfant
Fais-tu pleuvoir
Ces pleurs de lune,

Doux ver luisant,
Rosée du soir
Au vent dormant,
Pour quel enfant
Fais-tu pleuvoir
Ces pleurs de lune,
Ces fins miroirs
Que tu allumes
Dans le bois noir ?



5.Après le beau temps (Ré3-Ré4)

Après le beau temps,
La pluie ;
Après l’oiseau bleu,
La pie.

Après les rumeurs,
La lune ;
Après l’arbre en fleurs,
La prune.

Après les vendanges,
Les fables ;
Après les archanges,
Les diables.

Mais après l’école,
Le jeu,
Et, sur nos joues folles,
Le feu.



6.Marie et moi (Si2-Do4)

Marie et moi, on s’aime bien.
Nous partageons nos petits pains.

Se trompe-t-elle de chemin ?
C’est moi qui la prends par la main.

Elle rit parfois pour un rien.
Je la laisse rire sans fin.

Je ne suis qu’un jeune gamin,
Mais, quand je la tiens par la main,

Je me sens brusquement capable
De tenir tête même au diable.

N’empêche que j’ai peur des chiens,
Et si, par hasard, il en passe,

C’est toujours Marie qui les chasse.
Et c’est elle, sur le chemin,

Qui me reprend alors la main.
Marie et moi on s’aime bien.

Nous nous sentons, dans le matin,
Les deux moitiés d’un même pain.





Chœur des élèves de Premier cycle
du Conservatoire Nadia et Lili Boulanger (Paris 9)
dirigé par Émilie Dupont-Lafort
Avnjel Laska, piano.



7.Sous les tilleuls (Ré#3-Ré4)

Sous les tilleuls,
La lune embaume.
Joie d’être seul
Dans la nuit jaune.
Joie de surprendre
Sur la bruyère
La fuite tendre
De la lumière.
Joie d’évoquer
Un pas léger
Qui ne peut vivre,
Transfiguré,
Que dans mes livres.



Image par Please Don’t sell My Artwork AS IS de Pixabay