Florent Schmitt (1870-1958)
Trois trios pour voix de femmes et orchestre (ou piano) op.99
Editions Durand (1953)
1. Les tambours qui parlent (J.Cocteau)
2. L’étang (R.Chalupt
3. D’un mille-pattes amoureux


Texte de Tristan Derème
À honnête allure à 2/4 – Sol Majeur
Partition
La partition (pour choeur a cappella)
Renseignements sur la mélodie

Calliope Women’s Chorus

Lorsque le mille-pattes eut mis son pantalon
Il choisit deux cravates
Et parut au salon
Mille pattes tu délires aux musiques de nos lyres
Deux cravates, c’est beaucoup,
Eût-on cinq fois deux cents pattes ;
Deux cravates c’est beaucoup
Quand on n’a pas plus d’un cou.
C’est beaucoup quand on a pas plus d’un cou !
On rit, on l’interpelle ;
Deux cravates, pourquoi ?
Mais songeant à sa belle,
Il voulait rester coi.
C’est un trop voyant mystère
On lui défend de se taire.
Hélas,
L’une avait su lui plaire, dit-il, et je lui plu.
Mon infortune est clair ; l’amour a fui.
Elle ne m’aime plus.
Faut-il noyer pour ses charmes
Deux cravates dans les larmes ?
Deux cravates, c’est beaucoup trop
Et caetera, et caetera
A mon col j’ai mis l’une,
Mais l’autre est dans ma main
Ma belle ni la lune
Ne me verront demain
La lune ignore la peine
Dont vous avez l’âme en peine.
Deux cravates c’est beaucoup pour un seul cou
Tissu que je vais tendre,
Mon sort est assez long
Sers, cravate, à me pendre
Au lustre du salon.
Il expire et se balance
Sur les gouffres du silence.
Deux cravates c’est beaucoup
Eût-on deux fois deux cinq cents pattes ;
Pour l’amour, c’est beaucoup
Et pour l’amour vraiment, c’est beaucoup,
C’est beaucoup de se serrer trop le cou.



Image par anarosadebastiani de Pixabay