Armand Bolsène (1869-1955)
Poèmes chinois de l’époque Song
Traduit par George Soulié de Morant
Pour voix haute et piano
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1. Une jonchée de fleurs de pêcher
2. Pluie légère
3. Retour au soir d’une promenade sur le lac
4. En goûtant la fraicheur
5. Assise, seule
6. Nuit de lune en bateau


1. Une jonchée de fleurs de pêcher
Poème chinois de la poétesse Li Tsring-Tchao – fin du XIe siècle
Allegretto à 2/4
Ré bémol Majeur (Mib3-Sol4)
Partition

Des nénuphars rouges, le parfum se mourait.
L’air léger de l’automne pénétrait à travers les perles de jade du rideau
A la lueur des flambeaux, dans le bateau des orchidées,
Qui donc, des nuages, m’envoyait de tels messages d’amour ?
C’était le temps où les cygnes sauvages reviennent,
La lune emplissait le pavillon vers l’ouest
Les fleurs par nature, voltigent et s’éparpillent
L’eau répandue, par nature, coule vers le même point et se rassemble
Ceux qui sont d’une même espèce pensent l’un à l’autre.
Mais, hélas! nous sommes séparés et je suis devenue trop habile à la tristesse
Cette amour, rien ne pourra le faire fondre et disparaître.
Il avait été un moment sous mes sourcils, il pèse maintenant sur mon cœur.

2. Pluie légère
Poème chinois de la poétesse Li Tsring-Tchao – fin du XIe siècle
Allegro à 2/4
Ré bémol Majeur (Fa3-Mib4)
Partition

Dans l’enclos étroit, où s’ouvre largement ma fenêtre,
une lascivité printanière régnait profonde
A travers les doubles rideaux encore non relevés,
les ombres apparaissaient confusément,
Pendant qu’abritée dans le pavillon, sans une parole,
je caressais le luth orné de jade rose.
Dans le lointain une falaise rocheuse se détachait de la montagne,
au crépuscule hâtif et ténu.
Le vent fin soufflait une pluie qui formait une ombre légère.
O fleurs de poivrier !
Ne vous inclinez pas ainsi comme pour vous excuser.
Je sais que vous ne pouvez arrêter le jour.

3. Retour au soir d’une promenade sur le lac
Poème de la poétesse Tchou Chou-Tchenn – XIIe siècle
Andante tranquillo à 4/4
Fa dièse mineur (Fa3-Mi4)
Partition

Adorable ! Adorable paysage du Lac de l’Ouest !
Sommets de montagnes enveloppées dans la lumière de soir !
Bambous couverts de rosée, agités par le retour des oiseaux !
Bruit des fruits murs tombant sur la digue couverte de pimprenelle !
Feuilles froissées par le zéphir.
Et, dans la fraicheur au fond des eaux, les poissons qui passent en jouant
La lumière enfin de la lune, pénétrant à demi dans le pavillon,
Tandis que l’âme des lotus de son parfum trouble les cœurs !

4. En goûtant la fraîcheur
Poème de la poétesse Tchou Chou-Tchenn – XIIe siècle
Moderato à 4/4
Sol bémol Majeur (Mib3-Solb4)
Partition

Il fait plus frais
Allons attendre la lune à l’ouest du pavillon aux vives couleurs
La brise chargée du parfum lotus
nous caresse le visage de son souffle
Pour la première fois,
la salle en bois de cannelier a perdu son atmosphère brûlante.
Quel est celui d’entre nous qui saura chanter
un poème sur un palais fait de neige ?
De pures odeurs emplissent le pavillon.
Les tranches de pastèque semblent de jade.
La lune éclatante monte dans le vide,
pareille a une couple d’or débordant de liqueur.
Sans la fraicheur de la nuit
nous ne pourrions prétendre à si douce griserie
Mais déjà un voile de couleurs automnales
couvre le bouquet touffu des bambous.

5. Assise, seule
Poème de la poétesse Tchou Chou-Tchenn – XIIe siècle
Allegro à 3/8
Sol bémol Majeur (Mib3-Mi4)
Partition

J’avais relevé les lourds rideaux
afin d’admirer la lune brillante
Et j’étais appuyée sur la balustrade, face au vent d’ouest
L’haleine de la nuit m’arrivait,
tout imprégnée des senteurs troublantes de l’automne..
La jade rosé du fleuve envahissait
à l’horizon le jade vert du vide.
Au pied des herbes, chantait le grillon,
Tandis qu’au delà du ciel retentissaient
les cris des cigognes invisibles..
Les souvenirs du temps passé
me reviennent et me reviennent toujours,
Et, ce soir encore,
personne n’est là pour partager mes pensées..

6. Nuit de lune en bateau
Poème du poète Tae Fou-Kou – fin du XIIe siècle
Allegretto tranquillo à 6/8
Fa dièse mineur (Ré3-Mi#4)
Partition

Tout le bateau est inondé de clarté par la lune
qui luit, pure dans le vide immense.
Sur l’eau verdâtre, pas une ride au souffle apaise de la nuit.
Des images poétiques flottent ou sombrent,
suivant l’ombre noire de la voile.
Mon âme, dans un rêve,
voltige çà et là, au bruit des avirons
La froide clarté des constellations
est tombée dans le jade vert des eaux.
Les cris mélancoliques des cigognes et des oies sauvages
sont apportés par la brise qui vient des passes de Ronglia
Quelques points de feu, lanternes des pêcheurs,
longent la rive sans âge.
Puis, le bateau s’arrête près d’un pont en ruines,
sous les arbres d’où tombent des goutes de rosée.


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