Cycle de 8 mélodies (2013)
Sur des poèmes de Maurice Carême
Pour soprano et piano
Partition non publiée
Partition (contacter l’auteur)
Cliquez sur un titre…
1. La Lune
2. Dans l’aube
3. Le Brouillard
4. La Souris de Paris
5. Pluie d’été
6. Les Oiseaux perdus
7. La Fée des songes
8. Novembre
Vidéos : Clémentine Decouture, soprano – Nicolas Chevereau, piano
1. La Lune
Ah ! Quel dommage !
La lune fond.
Il n’est plus rond
Son gai visage.
Quelle souris
En maraudage
La prend, la nuit,
Pour un fromage ?
Elle maigrit
Que c’est pitié :
Plus qu’un quartier
Qui s’amincit…
Mais sans souci
Presque au cercueil
La lune rit
Avec un œil.
2. Dans l’aube
Dans l’aube, pendue au cytise,
Luisait une si fine toile
Tissée par une araignée grise
Que la nuit, qui s’y était prise,
Y avait laissé des étoiles.
3. Le brouillard
Le brouillard a tout mis
Dans son sac de coton
Le brouillard a tout pris
Autour de ma maison.
Plus de fleur au jardin,
Plus d’arbre dans l’allée ;
La serre du voisin
Semble s’être envolée.
Et je ne sais vraiment
Où peut s’être posé
Le moineau que j’entends
Si tristement crier
4. La Souris de Paris
Sous un pont de Paris,
Il est une souris
Qui n’a pas de mari
Elle n’a pas de nid
Et elle est si vilaine
Que tout le monde en rit.
Elle pleure d’ennui,
Car jamais un ami
Ne console sa peine.
Elle file sans bruit
D’élégantes mitaines,
Pour les autres souris
Qui, la nuit, se promènent
Sous les ponts de la Seine
Au bras de leur mari.
5. Pluie d’été
Il pleut gaîment dans la clarté,
Il pleut sur les fauvettes,
Il pleut dans la clarté, ô gué,
Sur la sauge et la parisette
Emportons nos paniers d’osier
Et allons cueillir les mytilles
Qui scintillent…
Autre Compositeur sur le même poème
Jacques Chailley
6. Les Oiseaux perdus
Le matin compte ses oiseaux
Et ne retrouve pas son compte.
Il manque aujourd’hui trois moineaux,
Un pinson et quatre colombes.
Ils ont volé si haut, la nuit,
Volé si haut, les étourdis,
Qu’à l’aube ils n’ont plus trouvé trace
De notre terre dans l’espace.
Pourvu qu’une étoile filante
Les prenne sur sa queue brillante
Et les ramène ! Il fait si doux
Quand les oiseaux chantent pour nous.
7. La Fée des songes
Oui ! c’était bien la fée des songes
Qui montait l’escalier !
Avec une petite éponge ,
Elle effaçait
Tout ce qu’on voulait oublier .
Et puis elle inscrivait
Sur son éventail pailleté,
Les rêves qu’on voulait rêver .
8. Novembre
Des cimes brouillées
Sortent de la brume.
Doucement s’allument
Leurs branches rouillées.
Des corbeaux tournoient
Autour de la mare
Où des feuilles rares
Tournent et se noient.
Les vents retiennent leur haleine.
Le soleil se devine à peine.
Le calme est grave, et l’on dirait
Que du côté des étangs morts,
La nature écoute, en secret,
L’automne au loin sonner du cor.
Image libre de droit de Yuri_B – Pixabay.com